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Le champ magnétique en bref : le minimum vital

≈ 15 minutes · Prérequis : Dipôle électrique et polarisation : l'électrostatique dans la matière

Le gain du jour : les quatre faits sur le champ magnétique B\vec{B} dont on aura besoin pour comprendre l’induction et les équations de Maxwell — sans attendre un chapitre complet de magnétostatique.

Pourquoi cette leçon-pont ?

La suite du cours (induction, Maxwell) fait jouer ensemble E\vec{E} et B\vec{B}. Voici l’essentiel du champ magnétique, condensé : de quoi suivre sans être bloqué.

Fait n°1 — Les courants créent le champ magnétique

Pas besoin d’aimant : toute charge en mouvement (donc tout courant II) crée autour d’elle un champ magnétique B\vec{B}, mesuré en teslas (T). Autour d’un fil rectiligne parcouru par II, les lignes de champ sont des cercles centrés sur le fil (règle de la main droite : le pouce suit II, les doigts s’enroulent comme B\vec{B}).

Ordres de grandeur : champ terrestre 5×105\sim 5\times10^{-5} T, aimant de frigo 102\sim 10^{-2} T, IRM \sim 1,5 à 7 T.

Fait n°2 — Le théorème d’Ampère (le « Gauss » du magnétique)

La circulation de B\vec{B} sur une boucle fermée (Γ)(\Gamma) est proportionnelle au courant qui traverse la boucle :

(Γ)Bdl=μ0Ienlaceˊ\oint_{(\Gamma)} \vec{B}\cdot d\vec{l} = \mu_0\, I_{\text{enlacé}}

avec μ0=4π×107\mu_0 = 4\pi\times10^{-7} T·m/A, la perméabilité du vide. Exemple canonique — le fil infini : sur un cercle de rayon rr autour du fil, BB est constant et tangent, d’où

B(r)=μ0I2πrB(r) = \frac{\mu_0 I}{2\pi r}

Compare avec l’électrostatique : Gauss relie le flux de E\vec E aux charges ; Ampère relie la circulation de B\vec B aux courants. Version locale : B=μ0J\vec{\nabla}\wedge\vec{B} = \mu_0\vec{J}, où J\vec{J} est la densité de courant (A/m²).

Fait n°3 — Pas de « charge magnétique »

On n’a jamais isolé de pôle nord tout seul : les lignes de B\vec{B} se referment toujours sur elles-mêmes. En langage de la leçon 3 :

B=0\vec{\nabla}\cdot\vec{B} = 0

Le champ magnétique est transverse (à flux conservatif) : son flux à travers toute surface fermée est nul, et il dérive d’un potentiel vecteur (B=A\vec{B} = \vec\nabla\wedge\vec{A}).

Fait n°4 — Le flux magnétique, la grandeur clé de la suite

Le flux de B\vec{B} à travers une surface (S)(S) s’appuyant sur un circuit (C)(C) :

Φm=(S)BdS(en webers, Wb)\Phi_m = \iint_{(S)} \vec{B}\cdot d\vec{S} \qquad \text{(en webers, Wb)}

C’est la grandeur qui pilote l’induction (leçon suivante) : tout est dans ses variations.

IBB tourne autour du courantBcircuit (C)Φ = flux de B à travers la boucle
Un courant engendre un champ qui s’enroule autour de lui ; une boucle « capte » un flux magnétique.

Vérifie ta compréhension

Autour d'un fil rectiligne parcouru par un courant, les lignes de champ magnétique sont…

Que vaut le flux de B à travers n'importe quelle surface FERMÉE ?

Le théorème d'Ampère est à B ce que … est à E.


À retenir : B\vec B est créé par les courants, s’enroule autour d’eux (Bdl=μ0I\oint\vec B\cdot d\vec l = \mu_0 I), n’a ni source ni puits (B=0\vec\nabla\cdot\vec B = 0), et son flux Φm\Phi_m à travers un circuit est la grandeur à surveiller pour la suite.

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