Le gain du jour : refaire le calcul le plus célèbre de la physique du 19ᵉ siècle —
combiner les équations de Maxwell pour voir apparaître une équation d’onde dont la vitesse
est… celle de la lumière.
Pourquoi cette notion ?
On a vu le mécanisme : B variable → E, et E variable → B. Chaque
champ regénère l’autre, de proche en proche. Question : à quelle vitesse cette « vague »
électromagnétique se déplace-t-elle ? La réponse est sortie des équations avant toute mesure —
et elle a réuni l’optique et l’électricité en une seule science.
La dérivation (à savoir refaire)
Plaçons-nous dans le vide sans sources (ρ=0, J=0). Les équations
deviennent :
∇⋅E=0,∇⋅B=0,∇∧E=−∂t∂B,∇∧B=μ0ε0∂t∂E
Prenons le rotationnel de Maxwell-Faraday, avec l’identité
∇∧(∇∧E)=∇(∇⋅E)−∇2E :
=0 (Gauss, vide)∇(∇⋅E)−∇2E=−∂t∂=μ0ε0∂E/∂t(∇∧B)∇2E−μ0ε0∂t2∂2E=0et de meˆme∇2B−μ0ε0∂t2∂2B=0
C’est l’équation de d’Alembert — l’équation universelle des ondes (cordes vibrantes, son…),
dont la vitesse de propagation v vérifie 1/v2=μ0ε0 :
c=μ0ε01=4π×10−7×8,85×10−121≈3×108 m/s
Deux constantes mesurées sur des condensateurs et des bobines, et il en sort la vitesse
de la lumière mesurée par les astronomes. Conclusion de Maxwell : la lumière est une onde
électromagnétique. (Avec sources, les mêmes calculs donnent les seconds membres en ρ et
J : ce sont les antennes qui rayonnent.)
À quoi ressemblent les solutions ?
Pour une propagation selon z, chaque composante ψ des champs vérifie
∂2ψ/∂z2−c21∂2ψ/∂t2=0, dont la
solution générale est :
ψ(z,t)=f(t−cz)+g(t+cz)
f(t−z/c) : une forme qui se déplace vers les z croissants sans se déformer —
l’onde progressive ;
g(t+z/c) : la même chose vers les z décroissants — l’onde régressive.
Une onde électromagnétique progressive transporte de l’énergie et de la quantité de
mouvement d’un point à un autre… sans transporter de matière.
L’onde plane progressive monochromatique (OPPM)
Le cas d’école, brique de base de toutes les autres ondes (par superposition) :
E(r,t)=E0cos(ωt−k⋅r)ou, en notation complexe,E=E0ei(ωt−k⋅r)
k : le vecteur d’onde — il pointe dans la direction de propagation ;
ω : la pulsation ;
« plane » : à un instant donné, le champ est identique sur tout plan perpendiculaire à
k (même état vibratoire) ; « monochromatique » : une seule fréquence.
La notation complexe est un turbo de calcul : dériver devient multiplier,
∇→−ik∂t∂→iω
La relation de dispersion
Injecte l’OPPM dans l’équation d’onde : −k2+ω2/c2=0, d’où
k=cω(relation de dispersion du vide)
La double périodicité
L’OPPM est périodique en temps et en espace :
T=ω2π(peˊriode, s)λ=cT=k2π(longueur d’onde, m)Photographie d’une OPPM à un instant donné : le motif se répète tous les λ, et défile à la vitesse c.
Exemples d’utilisation — le spectre électromagnétique : la même physique, seul λ
change.
Domaine
Longueur d’onde
Usage
Ondes radio
km → m
radio, TV
Micro-ondes
cm
Wi-Fi (12 cm), four (12,2 cm), radar
Infrarouge
µm
télécommandes, thermographie
Visible
0,4 – 0,8 µm
l’œil humain
UV, X, γ
< 400 nm
bronzage, radiographie, médecine nucléaire
Vérifie ta compréhension
D'où sort la valeur de c dans le calcul de Maxwell ?
Une solution f(t − z/c) représente…
Pour une OPPM dans le vide, la relation de dispersion s'écrit…
Le Wi-Fi (λ ≈ 12 cm) et la lumière visible (λ ≈ 0,5 µm) sont…
À retenir : dans le vide, ∇2E=μ0ε0∂t2E →
ondes à c=1/μ0ε0. Solutions f(t∓z/c) ; brique de base = OPPM
E0cos(ωt−k⋅r) avec k=ω/c, T=2π/ω,
λ=cT. La lumière est une onde électromagnétique.
Tu veux refaire la dérivation pour B, ou avec les sources ? Ton agent-professeur t’accompagne.